Le comportement agressif

13 Déc

Cet article reprend une partie de mes notes prises lors du séminaire de Chirag Patel («From brain to bite») auquel j’ai assisté en septembre 2013. 

Avant de parler du « comportement agressif » d’un chien, il faut savoir exactement ce qui se cache derrière cette définition.

Définitions

En effet, un comportement est une activité qui est observable. Ce n’est pas un état qui définit le chien mais bien une réaction. Il n’existe donc pas de gène du chien dominant ou du chien agressif avec ses congénères !

L’agression, elle, est un comportement destructeur qui vise à porter préjudice, physiquement ou émotionnellement. Elle peut se manifester par une attaque ouverte ou bien par des attitudes dissimulées d’hostilité et d’obstruction.

Le comportement agressif ne correspond donc pas uniquement à un comportement qui peut provoquer une blessure physique, mais aussi à tout comportement qui peut inquiéter un humain ou qui pourrait inquiéter un chien.

Interaction avec l’environnement

Le comportement est un ensemble de réactions, observables objectivement, d’un organisme qui agit en réponse aux stimulations du contexte environnemental.

Le comportement doit donc être observé en fonction de l’environnement.

Cette observation repose sur trois principes : stimulus – comportement – conséquence.

Le stimulus correspond à un changement dans l’environnement du chien. Un objet n’est pas un stimulus en soi : c’est le fait de le faire bouger, de le déplacer, qui créera un stimulus.

Les conséquences consisteront en un renforcement ou une punition.

Prenons l’exemple d’un chien qui grogne lorsqu’il a un jouet près de lui :

stimulus : ma main se tend vers le jouet

comportement : le chien grogne en se plaçant au-dessus du jouet

conséquence : je retire ma main

On ne doit pas en déduire pour autant que le chien est gardien de ressources. On observe simplement tel comportement dans telle situation.

Les étiquettes

On peut mettre un nom sur différents types d’agression : agression par irritation, par peur, territoriale, maternelle, intraspécifique, de possession, prédatrice, redirigée, par compétition, etc. Cela donne une étiquette. Or, les étiquettes ne sont pas universelles et n’ont pas la même signification pour tout le monde.

De plus, parler d’agression territoriale, par exemple, ne nous dit pas quelle est l’émotion du chien et ne décrit en rien ce que fait le chien. Quel est le comportement du chien ? Quel est l’environnement ? Qu’est-ce qu’il se passe à l’extérieur ?

Par exemple, à la maison les chiens ont moins d’espace qu’à l’extérieur et on constate parfois que le chien est dans l’évitement à l’extérieur mais pas à l’intérieur. Le comportement sera donc différent.

La plupart du temps, les comportements ont été appris (souvent bien involontairement) par les propriétaires dans diverses situations. Le chien va répéter un comportement qui a marché dans une situation identique.

Attention aux étiquettes qu’on met sur les gens et sur les chiens ! Il faut à tout prix les éviter.

C’est pour cela qu’il n’est pas conseillé d’écrire sur un compte rendu de consultation que le chien garde des ressources. Il est plus judicieux de décrire son comportement : le chien gronde quand on s’approche et qu’il a un os.

Il faut se concentrer sur le comportement, sur ce que fait l’animal. Et privilégier les explications simples !

[Cet article a été modifié le 22/12/13 à la demande des organisateurs du séminaire.]

Pour relire le premier article tiré du séminaire de Chirag Patel,  c’est ici : l’éducation utile.

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