Le chien est un animal social. Tout comme nous !

On dit souvent que le chien est un animal social. C’est d’ailleurs une expression qu’on utilise volontiers pour expliquer pourquoi il a besoin de contacts avec ses congénères.

Mais nous aussi, nous sommes des animaux sociaux !

Et quand on regarde d’un peu plus près ce que cela signifie, on découvre que nous avons pas mal de points communs avec nos chiens. Y compris dans nos petites contradictions…

Car être un animal social, ce n’est pas simplement aimer la compagnie des autres ou vivre en groupe. C’est appartenir à une espèce pour laquelle les relations sociales jouent un rôle important dans le développement, les apprentissages et le bien-être des individus.

L’humain et le chien ont chacun leur propre histoire évolutive, leur manière de communiquer et leurs particularités. Mais nous partageons plusieurs caractéristiques fondamentales de la vie sociale.

Voyons lesquelles.

1. Reconnaître les autres et construire des relations durables

Vous appréciez certaines personnes et vous préférez en éviter d’autres ? Votre chien aussi !

Nous avons tous des affinités. Certaines personnes nous inspirent confiance, d’autres nous laissent indifférents et quelques-unes nous donnent surtout envie de prendre nos jambes à notre cou.

Et puis il y a celles avec lesquelles nous avons construit une relation au fil du temps. Des personnes que nous sommes heureux de retrouver parce que nous avons partagé de bons moments avec elles.

Nos chiens ne sont pas si différents sur ce point.

Ils sont capables de reconnaître les individus qu’ils ont déjà rencontrés, qu’il s’agisse d’humains ou de congénères. Pour cela, ils utilisent différentes informations sensorielles : les odeurs, les caractéristiques visuelles…

Et surtout, ils gardent une mémoire de leurs expériences.

Un chien peut ainsi rechercher spontanément la proximité d’un congénère avec lequel il entretient une relation positive, tout en préférant garder ses distances avec un autre. Ce n’est pas forcément parce que ce dernier est agressif ou particulièrement désagréable. Simplement, leur relation n’est pas la même.

Comme pour nous, les affinités se construisent au fil des rencontres et des expériences. Certaines relations deviennent durables et privilégiées. D’autres restent occasionnelles ou sont marquées par une certaine distance.

Les individus ne sont donc pas interchangeables. Chacun a son histoire avec les autres, et cette histoire influence les rencontres suivantes.

Être un animal social ne signifie pas aimer tout le monde. Cela signifie notamment être capable de reconnaître les autres et de construire des relations qui évoluent au fil du temps.

2. Communiquer pour vivre ensemble… et gérer les désaccords

Imaginez que vous discutiez avec quelqu’un qui se rapproche sans cesse de vous alors que vous reculez, ne vous laisse pas placer un mot et insiste pour poursuivre la conversation alors que vous cherchez manifestement à y mettre fin.

Au bout d’un moment, vous risquez de trouver la personne franchement pénible !

Pourtant, vous lui avez probablement envoyé plusieurs messages avant d’en arriver là : un regard fuyant, un changement de posture, un pas en arrière, des réponses de plus en plus courtes…

Nous communiquons énormément sans utiliser les mots. Tout comme nos chiens.

Bien entendu, leur communication est différente de la nôtre. Ils utilisent un large répertoire de signaux : postures corporelles, mouvements, expressions faciales, vocalisations, informations olfactives…

Ces signaux leur permettent notamment de transmettre des informations sur leurs intentions, leurs émotions ou leurs besoins, mais aussi de réguler leurs interactions.

Car vivre en société, ce n’est pas être toujours d’accord !

La communication ne sert pas uniquement à créer des liens ou à entretenir des échanges agréables. Elle permet aussi d’exprimer un désaccord, de demander de la distance, d’éviter certains conflits ou de mettre fin à une interaction.

Chez le chien, un détournement de tête, un changement de posture, un éloignement ou un grognement peuvent, selon le contexte, participer à cette régulation.

Attention toutefois à ne pas jouer les traducteurs automatiques ! Un détournement de tête ne signifie pas systématiquement « laisse-moi tranquille », pas plus qu’un grognement ne raconte toujours la même histoire.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut observer l’ensemble de la situation et tenir compte des individus concernés.

Mais le principe reste le même : la communication permet aux individus d’ajuster leurs comportements les uns par rapport aux autres. Et ces ajustements sont indispensables à la vie sociale.

Nous pouvons nous agacer, nous disputer, refuser une interaction ou simplement souhaiter qu’on nous fiche la paix. Cela ne remet pas en cause notre nature sociale.

Chez les chiens non plus, les désaccords et les conflits ne sont pas nécessairement le signe d’une incapacité à vivre avec les autres.

La vie sociale ne consiste pas à éviter tout désaccord, mais à disposer de moyens pour gérer les interactions.

3. Coopérer, même quand on n’est pas toujours d’accord

Nous sommes capables de réaliser ensemble des choses que nous aurions bien du mal à accomplir seuls.

Nous nous organisons, partageons des tâches, nous entraidons et poursuivons des objectifs communs. Mais nous sommes loin d’être les seuls animaux à coopérer !

Chez de nombreuses espèces, la coopération intervient dans différentes situations : recherche de nourriture, protection contre les dangers ou soins apportés aux jeunes.

Les chiens domestiques possèdent eux aussi des capacités de coopération, avec leurs congénères comme avec les humains. Il suffit de penser aux différentes activités de travail ou de recherche dans lesquelles chiens et humains coordonnent leurs actions.

Bien entendu, cela dépend des individus, de leurs expériences et des circonstances. Et puis, coopération ne signifie pas absence de compétition !

Nous sommes parfaitement capables de travailler ensemble tout en ayant des intérêts différents. Il nous arrive de faire des compromis, de négocier… ou de nous disputer.

Chez nos chiens non plus, coopérer ne signifie pas être toujours d’accord.

4. Apprendre en observant les autres

Vous avez déjà remarqué qu’il suffit parfois de voir quelqu’un s’intéresser à quelque chose pour éveiller notre propre curiosité ?

Chez le chien, c’est aussi le cas.

Un chien peut, par exemple, s’intéresser à un objet ou explorer un endroit après avoir observé un congénère le faire.

Cela ne signifie pas qu’il l’imite. La présence et le comportement d’un autre individu peuvent simplement attirer son attention et influencer ses propres actions.

C’est l’une des formes que peut prendre l’apprentissage social.

Les mécanismes ne sont pas nécessairement les mêmes chez l’humain et chez le chien, mais nous avons ce point commun : les autres sont aussi une source d’informations et d’apprentissages.

5. Des besoins sociaux essentiels… mais pas des interactions permanentes !

Puisque nous sommes des animaux sociaux, nous avons besoin de relations, de contacts, d’échanges et de liens affectifs.

Un isolement social prolongé ou subi peut d’ailleurs avoir des conséquences importantes sur notre équilibre psychologique et notre santé.

Chez le chien, les relations sociales occupent également une place essentielle.

Les chiens développent des liens d’attachement avec les humains qui partagent leur vie. Ces relations peuvent notamment contribuer à leur sentiment de sécurité et influencer leurs réactions dans certaines situations.

Les expériences sociales avec leurs congénères participent aussi à leur développement, en particulier pendant les premières étapes de leur vie.

Un chien durablement privé de relations sociales adaptées peut en souffrir.

Mais attention à ne pas confondre besoins sociaux et nécessité d’être constamment entouré !

Les humains sont des animaux sociaux. Pour autant, avez-vous envie de passer toutes vos journées entouré de monde ? D’être sollicité en permanence ? De discuter avec chaque personne que vous croisez ? Personnellement, je trouve l’idée assez fatigante !

Nous pouvons aimer retrouver nos amis, puis être heureux de rentrer chez nous.

Pour nos chiens, c’est un peu la même chose.

Un chien peut rechercher la proximité de ses humains à certains moments et préférer s’isoler à d’autres. Il peut apprécier une interaction avec un congénère, puis souhaiter qu’elle s’arrête.

La vie sociale implique autant la capacité à créer des liens que celle à gérer la distance avec les autres.

Deux espèces différentes, mais une nature sociale commune

Évidemment, le chien n’est pas un humain à quatre pattes.

Nous n’avons pas les mêmes capacités, les mêmes modes de communication ni la même organisation sociale. Et il serait bien hasardeux de vouloir interpréter toutes les relations entre chiens à travers notre propre manière de vivre les choses.

Pourtant, nous partageons plusieurs caractéristiques fondamentales de la vie sociale.

Finalement, ce qui me paraît intéressant dans cette comparaison, ce n’est pas de chercher à démontrer que nos chiens nous ressemblent.

C’est plutôt de constater que nous avons parfois tendance à oublier notre propre nature animale lorsque nous parlons de la leur.

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