Sept mythes sur l’anxiété de séparation, par Nicole Wilde (1/3)

Sept mythes sur l’anxiété de séparation, par Nicole Wilde (1/3)

Cet article est paru dans le numéro d’août 2013 de « The Whole Dog Journal » .

Il a été écrit par Nicole Wilde, éducatrice américaine. Auteur de neuf livres, elle donne des conférences dans le monde entier sur le comportement canin. Elle est à la tête de Gentle Guidance Dog Training en Californie du sud.

L’article étant long, je vous en livrerai la traduction en trois parties.

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 Certains chiens souffrant d’anxiété de séparation font exception à la règle

chien haletant

Crédit photo: PDPhoto.org

En tant que spécialiste du comportement canin, j’ai vu, au fil des ans, ma part de chiens qui souffraient d’anxiété de séparation. La grande majorité de mes clients sont parvenus à agir sur la détresse de leur chien lorsqu’il restait seul, et j’étais sûre de mes connaissances sur le sujet. Puis, mon mari et moi avons adopté un croisé Husky de deux ans dans un refuge près de chez nous. C’est alors que tout a changé.

Sierra ne montrait aucun signe habituel d’anxiété de séparation, c’est-à-dire destruction, élimination (urine et/ou selles), et vocalisation. On la laissait libre dans la maison et à notre retour on retrouvait tout intact, pas de bazar, et aucune plainte des voisins au sujet du bruit. Je n’aurais jamais soupçonné qu’il y avait un problème, sauf que lorsque je m’absentais, même pour une courte durée, je la retrouvais haletante. Ce n’était pas à cause de la température car nous l’avions adoptée fin décembre. J’ai donc installé une caméra pour surveiller ce qu’elle faisait.

Voici ce que j’ai découvert : immédiatement après mon départ, Sierra commençait à faire des aller-retours entre la fenêtre, par laquelle elle voyait la voiture s’en aller, et la porte, d’où elle pouvait la voir disparaître vers la route principale. Les vocalises qui accompagnaient ses pas allaient du léger gémissement à une série de plaintes prononcées qui rapidement se transformaient en aboiements. Les aboiements devenaient plus pressants. Puis, cela se transformait en séries de hurlements pitoyables. Voir cette séquence m’a brisé le cœur. Visiblement, ma chienne souffrait.

J’ai enfilé ma cape rouge et, de Maman Chien, je me suis immédiatement transformée en Femme Comportementaliste, capable de résoudre de grandes énigmes canines en un seul élan de logique. J’ai utilisé le même genre de solutions qui avaient fonctionnées pour de nombreux clients, tout en m’assurant en même temps que Sierra ne resterait jamais seule à moins que nous ne pratiquions nos protocoles.

Mais il est vite devenu évident que Sierra n’avait pas lu les bons livres. Non seulement elle ne montrait pas les symptômes habituels, mais elle ne réagissait pas à la plupart des procédés qui fonctionnaient habituellement. Ma cape rouge avait visiblement besoin d’être dépoussiérée.

Vivre avec un chien qui a des problèmes de séparation est très différent que de donner des conseils à quelqu’un d’autre, et j’ai rapidement développé une profonde empathie pour les propriétaires concernés. Je suis aussi devenu une équipe de recherche et développement à moi toute seule. J’ai parcouru les dernières études, lu et relu toute la littérature disponible, et j’ai essayé une variété d’outils et de techniques.

J’ai finalement reformulé une partie de mes protocoles, créé des tactiques innovantes et, enfin, écrit un livre sur l’anxiété de séparation, Don’t Leave Me ! Step by Step Help for Your Dog’s Separation Anxiety (Phantom Publishing, 2011) [ndt : non traduit en français]. A cette occasion, j’ai découvert que certaines vérités acceptées depuis longtemps sur les problèmes de séparation ne sont tout simplement pas valables, du moins pour certains chiens.

Voici sept mythes répandus, et pourquoi vous ne devriez pas les prendre pour argent comptant :

1. Les chiens souffrant d’anxiété de séparation sont toujours des chiens « Velcro ». C’est un terme couramment utilisé pour désigner les chiens qui sont collés à vos côtés, qui ne veulent pas s’éloigner de vous, même pour un instant. Il est vrai que de nombreux chiens ayant des problèmes de séparation suivent leur maître dans toute la maison. Certains propriétaires ne peuvent pas se doucher en paix, tandis que d’autres ne peuvent même pas utiliser les toilettes sans prendre leur chien avec eux. D’ailleurs, une étude menée en 2001 par Gerard Flannigan et Nicholas Dodman a montré que l’hyperattachement au maître était significativement associée à l’anxiété de séparation. Avec tout cela, il est logique de croire que tous les chiens ayant des problèmes de séparation doivent être des chiens Velcro.

Pour moi, Sierra a brisé ce mythe. Véritable prédateur dans l’âme, elle n’aime rien de mieux que de s’allonger sur le perron à l’arrière de la maison pour surveiller son domaine. Les collines autour de notre maison regorgent de lézards, de souris, de lapins et d’autres créatures variées. Sierra est très patiente et rapide comme l’éclair, et plus d’une fois je l’ai retrouvée avec un malheureux lézard coincé dans la bouche. (Je continue à la menacer de l’inscrire aux Prédateurs Anonymes, mais jusqu’ici mes avertissements n’ont pas eu le moindre effet.) Autant dire que me suivre dans la maison est assez ennuyeux par rapport à la surveillance de son Royaume Sauvage, et elle préfère être à l’extérieur ; du moins tant qu’elle sait que je suis dans la maison. Une fois qu’elle entend la voiture s’éloigner, c’est terminé, et le stress de la séparation entre en jeu.

Sierra n’est pas la seule. Il y a beaucoup d’autres chiens qui, sans être très prédateurs, se sentent bien à l’intérieur ou à l’extérieur du moment qu’ils savent que quelqu’un est à la maison. Ne faites donc pas de conclusions hâtives. Si votre chien vous suit partout comme un paparazzi suit une vedette, cela peut être de l’anxiété de séparation, mais pas forcément. Et si votre chien ne vous suit pas comme une ombre, cela ne signifie pas non plus qu’on peut exclure les problèmes de séparation.

 

Lire la suite : Sept mythes sur l’anxiété de séparation, par Nicole Wilde (2/3)

 

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4 comments on “Sept mythes sur l’anxiété de séparation, par Nicole Wilde (1/3)
  1. isabelle dit :

    merci Carole pour tous tes articles.
    j attends la suite avec impatience ! je vais peut être avoir une réponse à ce que j ai vécu avec roxy.

  2. Aurore dit :

    Merci pour la traduction!!!

    Pour l’instant, je retrouve parfaitement le portrait de Iona: independante quand il y a quelqu’un a la maison (elle prefere roupiller tranquille ds le jardin). Mais des qu’il s’agit de rester seule a la maison, c’est la galere : elle aboie pendant pres d’une drmi heure, apres se calme. Elle fait des vas a vien vers les fenetres ( elle a essaye de sortir par les fenetres deja). Et elle a pris l’habitude de lecher la vitre de la porte vitree. Je la retrouve haletante, trempée de salive au niveau du coup. C’est la misere pour elle. Ca me fait bcp de peine. J’ai deja tenté de partir sans rien dire, comme si elle n’existait pas. Comme ca ne fonctionne pas, j’ai tenté le bisou et le blabla avant de partir , ca ne fonctionne pas non plus.
    Bref, jattends la suitecde k’article avec impatience!! 😉
    Merci d’avance!

  3. Audrey dit :

    Merci Karole pour cet article et j’attend aussi impatiemment la suite! Le moment de quitter la maison est pour nous aussi une galère, Indigo sent que nous allons partir et refuse de sortir dans le jardin. Les stratagèmes s’usent vite, friandises, jouets, croquettes… Ca ne marche qu’un temps et ça ne me convient pas du tout de devoir le « piéger » dehors pour pouvoir quitter la maison !

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