Pourquoi je ne suis pas devenue éleveuse de shar-pei

10 Nov

Pourquoi je ne suis pas devenue eleveuse de shar-pei

Tous les passionnés d’une race finissent par se lancer dans l’élevage. A quelques exceptions près. Contribuer au développement de la race semble être la destination ultime de ce voyage personnel (et passionnel !).

Personnellement, au-delà du plaisir de voir plein de petits chiots à câliner courir partout, étudier des pedigrees et procurer de bons compagnons à des gens, je vois surtout des inconvénients.

 Ça coûte de l’argent !

Je dis bien « ça coûte de l’argent » et non « ça rapporte de l’argent ».  Avant de pouvoir vendre des chiots il faut être capable de lâcher des euros.

Tout d’abord, les reproducteurs de qualité ne se trouvent généralement pas au rabais.

Ensuite il faut pouvoir entretenir tous ces chiens : les croquettes, les produits d’entretien, les soins vétérinaires, etc. voire procéder à quelques aménagements dans la maison.

Cerise sur le gâteau, pour faire connaître son élevage, promouvoir certains chiens, ou simplement les confirmer pour obtenir leur pedigree, il faut un budget rien que pour les expositions.

Si vous comptez uniquement sur les revenus de la vente de vos chiots pour manger, vous allez forcément être amené un jour à faire une portée par nécessité. Et ça, je ne veux pas le faire.

C’est une mauvaise excuse qui a comme conséquence de multiplier le nombre de chiens déjà très important, de faire un mariage peu attrayant et surtout de mettre en danger une femelle qui ne devrait peut-être pas reproduire.

On fait toujours courir un risque à sa chienne lorsqu’elle a une portée, alors autant que ce soit pour une raison valable.

On est envahi de chiens !

Je pense que je serai incapable de me séparer d’un de mes chiens. Je me retrouverai donc vite avec une dizaine ou une vingtaine d’individus. C’est gérable si les locaux sont adaptés, mais à la maison votre foyer se transforme rapidement en chenil.

Vous allez me dire : « oh mais il faut juste deux ou trois femelles et éventuellement un mâle ». Ben voyons. Si l’une des femelles a un problème de santé et ne doit pas reproduire, vous allez peut-être en prendre une autre. Si les mariages entre votre mâle et vos femelles ne donnent rien de bon, vous allez prendre de nouveaux chiens aussi. Et lorsqu’ils deviennent trop vieux pour reproduire ? Si vous ne placez pas ceux que vous ne faites plus reproduire, les nouveaux vont s’additionner aux anciens.

Et puis on va garder un chiot d’une portée, que ce soit par choix (établir une lignée) ou parce qu’il est invendable (tare) ou parce qu’on l’a récupéré chez un acheteur peu scrupuleux et qu’on a du mal à le replacer. Allez hop, encore des chiens en plus. Et je vous fais grâce de la superbe portée née chez un autre éleveur qu’on aimerait bien ajouter à l’élevage.

Pour avoir vécu avec « seulement » cinq chiens, j’ai vraiment eu l’impression de ne pas pouvoir octroyer à chacun le temps et l’attention qu’ils méritaient.

Une solution ? Travailler moins ou ne plus travailler mais là on peut relire le point précédent.

Une autre solution ? Faire reproduire les quelques chiens que vous possédez alors qu’ils ne le devraient pas (trop jeunes, trop vieux, avec des problèmes de santé, de comportement, mariage qui ne donne rien de bon, etc.), et là on se retrouve au point suivant.

 Pourquoi ferais-je mieux que les autres ?

La formule qui m’agace un peu et reprise par la plupart des personnes qui se lancent dans l’élevage : « pour l’amélioration de la race ». Un vœu pieu.

Pour cela il faut déjà bien connaître la race. D’où mon sourire en coin quand j’entends ce genre d’affirmation de la bouche de personnes qui ont un shar-pei depuis six mois et qui se lancent déjà dans l’élevage « pour améliorer la race ».

Rien n’empêche de vouloir faire une portée à sa chienne dans les règles de l’art. Ce n’est pas pour autant qu’il faut se lancer dans l’élevage.

Est-ce que j’ai plus de connaissances ? Plus de pratique ? Une vision particulière de la race ? Un objectif précis que je souhaite atteindre ? Est-ce que je sais des choses que les autres éleveurs ne savent pas ou bien ai-je le culot de faire quelque chose qu’ils n’osent pas (et qui serait bon pour la race) ? Non, je ne le crois pas.

Si, par exemple, je souhaitais développer le shar-pei traditionnel, ou lancer une lignée de shar-pei de travail (aïe), pourquoi pas ? Mais si c’est pour faire reproduire les mêmes lignées et faire un copier-coller d’un autre élevage qui utilise des chiens de la même famille, je ne vois pas trop l’intérêt. Autant me contenter d’acheter mes chiens chez lui et lui laisser faire le travail.

Prisonnier de vos chiens !

Fini les vacances. Vos amis ne viennent plus vous voir, votre famille ne comprend pas votre choix. Vous ne pensez qu’au chien, ne côtoyez que des gens du milieu canin et ça devient votre seul sujet de conversation.

Effectivement, c’est une passion. Mais quand elle devient dévorante, elle risque de prendre le pas sur la réalité.

Rien que de laisser partir des chiots, apprendre qu’ils ont été abandonnés, revendus, maltraités ou mal entretenus me rendrait particulièrement anxieuse voire agressive.

Se lancer dans l’élevage canin demande une longue réflexion. Et beaucoup de qualités.

Heureusement, certains les ont. Moi pas.

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